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Collections & communication d'entreprise

Collections & communication d'entrepriseLe 22 mars 2016 – jour malheureusement tragique à Bruxelles – s'est tenu dans les locaux de l'IHECS le colloque Collections et communication d'entreprise, coorganisé par le Laboratoire d'analyse des systèmes de communication d'organisation (Lasco) de l'UCL et la Fondation Collectiana.

D'importants témoins, responsables de collections, professionnels de la communication, analystes universitaires, spécialistes en actions artistiques et culturelles y ont débattu des principaux enjeux des collections d'entreprises et du rôle de ces dernières dans la stratégie de communication interne et externe des organisations.

Ont ainsi été présentées et discutées des études de cas de collections et de musées : les collections ING, Groupe Lhoist, La Loterie nationale, Proximus Art Collection, SmartBe, D'Ieteren, Michelin, Train World, le futur Musée de l'informatique...

Le colloque a été introduit par le spécialiste de la muséologie François Mairesse et clôturé par le directeur des collections du Centre national des arts et métiers à Paris, Yves Winkin.

Malgré les événements du jour, il a été suivi par de nombreux professionnels de la communication et des milieux artistiques et culturels, ainsi que par des membres d'universités françaises et belges. L'ensemble des interventions prévues ont pu se tenir, selon le contenu brièvement condensé dans les comptes rendus ci-dessous.

François Mairesse, Université Sorbonne-Nouvelle – Paris III : « Aux origines du musée d'entreprise : musées industriels et commerciaux »
Le musée d'entreprise constitue un curieux hybride, issu de volontés partiellement patrimoniales mais surtout économiques, qui accompagnent le musée dès son origine. Depuis la fin du XVIIIe siècle, avec le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à Paris, le musée s'est associé à l'entreprise et au devenir industriel de la société. Les ouvrages de Coleman et, plus récemment, de Danilov, montrent l'importance de ces musées particuliers, peut-être amenés à se développer de manière considérable dans les prochaines décennies.

Olivier Dromel, plasticien et consultant en entreprise : « Intégrer la démarche artistique dans l'entreprise : objectifs et actions »
À travers quatre interventions réalisées au sein d'entreprises, comment le processus de démarche artistique a-t-il permis l'amélioration de la performance, de la capacité de création et l'image positive de l'organisation : déroulement du processus d'intervention, niveau de solution proposé en regard de la stratégie de l'entreprise et résultats économiques obtenus.

Hans Bart Van Impe, Proximus Art Collection Coordinator : « Art is the soul of a company. Fonctionnement, vision et futur de la collection Proximus Art »
Proposant un vaste aperçu représentatif de la création artistique contemporaine et principalement destinée à l'attention des membres du personnel afin de contribuer à la stimulation de la créativité, la collection de Proximus a souhaité progressivement s'ouvrir à un public plus large. À côté d'une présentation de son fonctionnement et de la vision de son futur, l'exposé a rendu compte, précisément, de récentes participations à des manifestations culturelles extérieures, avec des œuvres (notamment en matière de photographie) provenant de la collection de l'entreprise.

Gilbert Natan, Président NAM-IP asbl (Numerical Artefacts Museum - Informatique Pionnière) : « De la collection d'entreprise Bull jusqu'au projet d'un Espace pluriel informatique à Namur »
Pourquoi et comment une collection d'entreprise reste-t-elle un patrimoine menacé ? Comment la collection informatique de BULL en Belgique a-t-elle vécu ce risque et a-t-elle pu trouver une solution en commun avec d'autres collections informatiques patrimoniales menacées, et ce avec l'aide de la Fondation Roi Baudouin ? Que veut dire « Collection Bull-FEBB » ? Car c'est par cela que l'histoire commence. Elle se poursuit actuellement dans le cadre de NAM-IP, futur musée de l'informatique à Namur, inauguration prévue en fin octobre 2016.

Anne Parizot, Université Reims Champagne-Ardenne : « La notion de collection des deux côtés du miroir : le cas Michelin »
Étudier les collections « de part et d'autre du miroir » invite d'une part à se tourner vers l'entreprise, plus particulièrement dans ce cadre l'entreprise Michelin, afin de révéler le sens qu'elle attribue aux collections qu'elle a constituées, de comprendre comment elle les intègre dans sa stratégie de communication ou ses discours notamment en terme de valorisation de l'organisation. Une attention particulière est également portée aux collectionneurs et à leurs motivations, qu'ils soient salariés ou non de l'entreprise, collectionneurs à titre individuel ou regroupés dans des associations. Afin de mettre en valeur les motivations et les perceptions de l'ensemble des acteurs qui participent à la conservation de ce patrimoine à la fois historique et culturel, nous nous sommes appuyés sur des enquêtes menées par interviews auprès de ces personnes.

Jean-Claude Jouret, IHECS & Collectiana, et François Schuiten, scénographe de Train World : « Communication et efforts marketing entrepris par Train World pour valoriser la collection de la SNCB via la scénographie »
L'ambition de Train World se situe au-delà d'une approche purement commerciale. La réalisation du Train World, récemment inauguré, porte avec elle de nombreux enjeux liés à la mise en scène de l'histoire ferroviaire belge dans le passé et le présent, avec une projection vers son futur. Dans Train World, le visiteur est entraîné à voyager à travers le temps et à suivre de nombreuses histoires, qui ont un côté profondément humain et forment un parallèle avec des éléments reconnaissables du monde environnant. La scénographie de François Schuiten fait en sorte que les visiteurs doivent, à travers les histoires, se chercher un chemin à travers le Train World. Chaque visiteur est acteur de sa visite.

Pascale van Zuylen, Responsable de Communication, Lhoist : « La collection du Groupe Lhoist en tant que vecteur de communication » Ce propos fut abordé selon trois axes :
  1. La collection d'art contemporain et ses enjeux au sein de la communication interne du Groupe.
  2. Les œuvres de commande faites à des artistes (à cette occasion, a été évoquée l'exposition du Musée de la Photographie de Charleroi qui présente les photographies de commande de la collection du Groupe Lhoist de décembre 2015 à mai 2016).
  3. Lhoist, membre de l'International Association of Corporate Collections of Contemporary Art (IACCCA).

Roma Lambert, diplômée de l'Ecole du Louvre : « Portrait du musée d'entreprise en France »
La nature du musée d'entreprise apparaît comme relativement hétéroclite, en témoigne l'éventail de choix opérés par les entreprises et leurs combinaisons multiples. Du « corner muséal » aménagé dans la boutique d'usine au complexe de plusieurs milliers de mètres carrés consacrés à l'exposition culturelle, du projet familial d'une PME à l'institution gérée par des services dédiés, de l'agencement réalisé en interne à la mise en espace confiée à des personnalités du monde de l'exposition ..., les composants de ce genre semblent sans unité conceptuelle autre que celle de leur origine commerciale privée.
L'établissement d'un répertoire des musées français, complété par une étude expographique d'un certain nombre d'établissements, permet de proposer un portrait de cette diversité, d'apprécier les différences qu'ils présentent avec les musées classiques, ainsi que leurs mutations observées ces dernières années. Parmi les multiples possibilités, certains invariants parviennent à être dégagés comme la prise en charge d'une partie du message du musée par le bâtiment d'accueil, le rôle clé du nom du musée ou encore le recours à la visite guidée comme outil de communication et d'encadrement du visiteur. Les concepteurs de ces espaces muséaux optent pour une sélection d'expôts qui leur permet de développer un discours fondé sur un nombre restreint de thématiques. Ces éléments permettent, in fine, de constater que les musées d'entreprise forment véritablement un genre à part entière dans le paysage muséal.

Philippe Jaumain, Head of Corporate Sponsoring, Events & Art Management ING : « Le Musée ING de Bruxelles »
Dans un contexte économique difficile et un monde bancaire en pleine mutation, qu'est-ce qui pousse ING à continuer à investir dans l'Art ? À quoi cela sert-il ? Quel est le sens de cet engagement à la fois financier, infrastructurel et humain ? Quels bénéfices tire ING de sa collection, de ses expositions à l'ING Art Center et de ses nombreux soutiens à la culture ? S'agit-il d'une démarche purement altruiste ou totalement intéressée ? Est-ce sain ou malsain ? Sans langue de bois, il a été répondu à ces questions.

Jeroen Buntinx, Cultural Heritage Specialist de La Loterie Nationale : « Constitution d'une collection et ouverture vers les publics : contraintes et opportunités. Le cas de la Loterie Nationale »
Rassemblant une ample collection centrée sur les multiples expressions, à travers le temps et l'espace, du jeu à dominante de hasard, la Loterie Nationale entend témoigner du riche héritage culturel issu d'une pratique souvent associée à une passion. Quels sont les principaux enjeux de cette collection, de son origine à son usage actuel, en incluant les actions menées en direction du personnel et la préoccupation d'ouverture à des publics extérieurs ?

Yves Winkin, Directeur du Musée des Arts et Métiers (CNAM), Paris : « Passions individuelles et passions collectives : les collections d'entreprise »
Synthèse et réflexions personnelles sur les collections d'entreprises. Le musée d'entreprise n'est pas une forme bricolée, mais devenue très professionnelle. Les histoires relatives aux objets sont plus importantes que les objets eux-mêmes. Il y actuellement une grande convergence entre les musées et les théâtres. La scénographie y est un élément fondamental. Il s'agit de créer des rituels nouveaux qui permettent au public de vivre des expériences collectives.

D'autres interventions, plus brèves, ont été données par Andrea Catellani, Directeur du Lasco, Christine Donjean, Présidente de l'ABCI (Association belge de la communication interne), Axel Gryspeerdt, Président de Collectiana, Julek Jurowicz, Administrateur de SmartBe asbl, Jacques Polet, Professeur émérite UCL et administrateur de Collectiana, Catherine Rommelaere, Responsable Histoire & Archives à la D'Ieteren Gallery.

Collections et communication d'entreprise 26 novembre 2015
Turning the World Upside Down III, 1996 (Anish Kapoor) et Biotin-Maleimide, 1995 (Damien Hirst), Deutsche Bank Art Collection
Turning the World Upside Down III, 1996 (Anish Kapoor) et Biotin-Maleimide, 1995 (Damien Hirst),
Deutsche Bank Art Collection



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