Avec l'arrivée de pièces de la collection de
Victor Arwas, données et déposées par sa femme Gretha, ce ne sont pas seulement 530 œuvres de plus de Félicien Rops qui sont entrées au Musée Félicien Rops à Namur. Ce fut aussi pour ce musée le bonheur de compléter l'énorme collection déjà existante (Ainsi
La femme noir ne figurait pas dans celle-ci) et de mieux comprendre la réflexion et le processus créatif suivi par l'artiste, en alignant notamment des séries d'épreuves face à la gravure terminale. L'occasion aussi de poursuivre des recherches sur l'œuvre, notamment par l'identification et l'authentification de certaines réalisations (tout en débusquant parfois des fausses pièces ou même un achat erroné d'un fac-similé).
Cette entrée au musée de la collection Victor Arwas témoigne ainsi de l'extrême fertilité du croisement d'une collection privée avec une collection publique.
Présenter ces différents éléments à un groupe d'une petite vingtaine de visiteurs réunis par la fondation Collectiana, fut le défi, très largement gagné par Giuseppe Di Stazio, conservateur adjoint au musée et coresponsable de l'exposition de 130 œuvres réparties sur plusieurs espaces. Sur base d'une connaissance pointue, celui-ci initia les visiteurs à la personnalité du collectionneur anglais, né au Caire, galeriste à Londres et amateur amoureux des œuvres de F. Rops. Il releva les différentes techniques utilisées par l'artiste et démontra le talent créatif de celui-ci, tout en démontant les préjugés selon lesquels l'œuvre de Rops serait essentiellement satanique et érotique. Et donna réponse détaillée aux diverses questions posées par les visiteurs.
Quelques collectionneurs, pour la plupart amis du musée, ont déposé des témoignages de leur passion dans une vitrine faisant office de clôture de l'exposition, véritable cabinet de curiosité aux objets les plus divers, parfois farfelus, mais toujours respectables.
Selon la tradition instaurée par Collectiana, les visiteurs ont ensuite pris ensemble le verre de l'amitié : occasion de revenir sur les découvertes de la visite et d'exprimer leur satisfaction et remerciements à Giuseppe Di Stazio.
A.G., 18 septembre 2026